Dommage collatéral

La Dépression

 

Je tiens, avant de continuer à écrire sur ce blog, à rétablir une vérité qui est une grave erreur dans l’inconscient collectif, et qui nuit fortement aux malades, SED et autres maladies handicapantes soit dit en passant ! La dépression n’est pas à l’origine des crises de syndrome d’Elhers-Danlos !
Le syndrome d’Elhers-Danlos déclenche par son manque de prise en charge notamment, son manque de prise en considération (surtout !) à une dépression purement réactionnelle !

 

  • Le manque de considération

    Se lever chaque jour est une sorte de jeu. Chaque matin relève son lot de surprise. La première question qu’un SED se pose (hypermobile du moins) en se réveillant est « Alors? Ouvrons les paris ! Quelles articulations ai-je luxées en dormant ?! »
    C’est douloureux. Parfois on tire sur le membre et… *clac* remise en place ! Aaaaah ! Ce claquement est l’annonce primaire d’une journée potable !
    Et oui, peut-être est-ce pour certains non initiés une révélation : on se déboîte les articulations en dormant, et la première chose que l’on fait avant de poser le pied à terre est de remettre en place chaque articulation qui aurait bougé en dormant.
    Donc… Que ce soit bien clair… La douleur on connaît… Tous les jours on la gère….

    – Parfois, il suffit d’éplucher une pomme de terre avec un économe pour finir avec une entorse de tous les diables.

    – Un trou dans le bitume : c’est bingo ! Entorse à la cheville avec rupture du tendon, du ligament et tout ce qu’il y a autour.

    – Lever les bras pour accrocher son linge et se décrocher littéralement l’épaule.

    Cette liste d’exemples non exhaustive (loin de là) est un léger résumé de la vie quotidienne d’un SEDiste, comme le fait d’aller uriner pour un valide. On le gère ! Parfois on crie un « aïeuuuuh », on regarde l’orteil luxé qui a cogné contre le meuble, on tire dessus pour le remettre en place, et on repart.
    Voilà, j’avoue : c’est dur à vivre. Oui c’est faisable, mais difficile. Cette vie fatigue énormément. Soit.

    ~> Imaginez quand vous n’arrivez plus à gérer la douleur et que les anti-douleurs n’ont aucun effets. Il n’est pas impossible de se luxer plusieurs articulations et de ne pas réussir à les remettre en place soit même. Il arrive également de se déchirer des muscles comme ceux du visage en ayant ri  puis les muscles des abdos, du dos, des cuisses, de la nuque, déboîter la mâchoire, les muscles derrière les yeux… Oui… Juste pour un fou rire. Quand on dépasse son seuil de tolérance à la douleur, LE réflexe est bien évidemment de chercher de l’aide !

    Et là…. C’est le drame…

 

  • Une totale méconnaissance de la maladie

Il est navrant en arrivant aux urgences (le seul endroit où l’on s’imagine être un minimum aidé!) découvrir que non seulement ils ne connaissent pas la maladie « De l’air dans quoi? Ca touche les os? » (on se sent tout de suite en confiance n’est-ce pas! l’envie de prendre ses jambes à son coup vient direct, oui c’est avec le mauvais jeu de mot qu’il faut se l’imaginer, on ne va pas courir non plus quelle idée!), mais en plus lorsque que l’on tend le fascicule avec la clef USB, tout préparé pour qu’ils n’aient pas à chercher, voir qu’ils vous la jettent au visage en ajoutant sur un ton dédaigneux « je n’en ai pas besoin! ». Ce n’est pas pour autant qu’ils vont chercher l’information. Rien que les médicaments donnés et le débit trop rapide de la perfusion qui vient à vous claquer chaque veine trahissent leur ignorance. Il y a de quoi rager.

« On va faire une radio ! » . Inutile. Souvent il faut du matériel beaucoup plus performant pour réussir à comprendre ce qu’il se passe. A la radio on ne verra rien.
« Il n’y a rien à la radio » Qu’est-ce que je disais… « Il faut arrêter de vous inventer des maladies » Celle-là, c’était gratuit ou?… Bref….

CHAQUE appel à l’aide finit de la même manière… On repart bredouille, avec la douleur aggravée par le brancard inconfortable et en état de manque d’anti-douleur parce que donner 1g de paracétamol à un SEDiste c’est CLAIREMENT se moquer de lui ! C’est vexant !!!

Dans ces cas là on fait quoi?…

Rien…

       On attend…

 

  • L’entourage

    Les proches jouent un rôle très important dans l’acceptation d’une maladie. Parfois, voir l’état d’un être cher se dégrader et se sentir impuissant est si insupportable qu’on préfère nier son état et tenter de se persuader qu’il y a forcément une erreur. C’est humain de réagir ainsi. J’ajouterais même inévitable dans les 1ers temps de l’annonce de la dite maladie.
    Ce comportement malheureusement finit par devenir toxique s’il persiste. Le malade a un cheminement  à faire pour accepter son état puis apprendre à vivre avec. L’entourage a aussi son cheminement nécessaire. S’il n’est pas pris en main c’est une famille qui court à la catastrophe.
    Je suis obligée d’utiliser un terme aussi fort que « catastrophe », n’étant pas une hyperbole mais un euphémisme ! C’est l’explosion d’un cocon qui est en jeu, les ponts rompus pour une incompréhension, mais à juste titre ! Comment les proches peuvent  comprendre et adhérer à un concept non prouvé ? Où sont les preuves ? Où sont les prises de sang génétiques qui prouvent à 100% de la véracité ? Comment estimer une douleur invisible ? Une radio ne montrant aucune anomalie par faute de performance, et c’est le doute qui s’installe. C’est compréhensible!

    Ce qui l’est moins est la psychose qui s’installe autour des dires du malade. Quand on aime, on ne devrait jamais avoir à remettre en doute la parole de celui qui souffre, même si le doute de la souffrance concerne un état psychologique. Une souffrance, quelle qu’elle soit, reste une souffrance, même si elle est « dans la tête ». Une douleur de luxation, une entorse ou un état dépressif (et pour cause, je peux assurer que l’angoisse et la dépression ont des effets aussi dévastateurs qu’une articulation déplacée… voire moins supportable je vous assure!) ne devrait jamais être prise  la légère ni remise en cause.

    Il est temps de retenir une chose importante à propos des malades atteints du SED:

    NON ils n’en rajoutent pas pour qu’on les écoute ou qu’on les plaigne ! Pire…

    Ils minimisent…

    Toujours… 

 

Quand les gens restent butés sur leurs opinions je vous prie de croire qu’on peut entendre de sacrées horreurs !

Un petit florilège ? pourquoi pas…

~ « Tu t’écoutes un peu trop en ce moment ! »
~ « Oh tu peux bien faire ça quand même ! Mal au dos… Tout le monde a mal au dos ! »
~ « Moi aussi je crois que je suis SED. J’ai mal au genou en ce moment »
~ « Et sinon ? Pourquoi tu ne bosses pas ? »
~ « SED ? Oh ça c’est juste une hyperlaxité ligamentaire hein ! »
~ « Toi t’as pas envie d’aller en cours ni travailler t’aimes pas ça hein c’est ça ! »
~ « Tu sais moi aussi je sais avoir des trucs dans l’os ! »
~ « Toi t’es couché tu dors tout le temps t’as de la chance ! »
~ « Oui ‘fin toi t’as que ça à faire écouter de la musique et regarder des séries ! Moi j’ai pas le temps »
~ « Bah alors ? C’est pour quand le bébé ? » (Sachant que le SED entraîne stérilité chez certaines personnes…)
~ « Quoi?! La soirée est prévue depuis un mois et 1h avant tu décommandes sous prétexte d’une luxation? T’exagères c’est de la mauvaise foi ! »

Ou le plus simple, mais le plus efficace pour plomber un moral :
~ « Bah? Et pourquoi t’as pas débarrassé le lave vaisselle ?! » Là j’avoue c’est DUR de garder son calme, et l’envie d’expliquer sa matinée pourrie totalement absente…

Se justifier… Tout le temps…

Ça fatigue…

Ça angoisse…

Ça use…

Ça perturbe…

Ça stresse
 Ça déprime…

Le tout mélangé à la douleur… à un « SED?? Ah non on ne peut rien faire ! » … Une vaisselle à essuyer devient l’Everest à franchir….

La fatigue devient insupportable… Elle pèse… Les mots raisonnent « tu es fainéante ! Bouge-toi ! Sors de ton canapé ! Tu prendrais l’air ça irait mieux! »
Le douleur devient insupportable… Les draps du lit froissés sont un calvaire pour ce corps à vif nerveusement…

Se lever le matin devient… dur… puis passe à impensable… Quoi? Lever les bras pour attraper le café? Marcher? Se doucher???? PREPARER à manger? Impossible! La douleur de chaque mouvement n’est pas supportable quand le moral est au plus bas et que raisonnent ces petites voix qui te rappellent sans cesse que tu ne vaux rien, que tu es un boulet pour la famille, un rebut de la société et que le monde se porterait mieux sans toi…

 » Tu es faible ! » « Tu es inutile » « Tu ne sers à rien ». On finit par se persuader que c’est vrai… On n’est même plus capable d’éplucher cette fichue pomme de terre !!!

Alors on dort une heure pour se reposer

Puis deux…

Puis on ne se lève plus. A quoi bon continuer. La vie ne sera que douleur. Le monde ne sera que hostile et ennemi. Incompétent et dans l’incompréhension.

Et puis pourquoi moi? Je mérite cette punition probablement…

J’ai mal… Je suis fatiguée…

~> Elle est officiellement là. La dépression. Cette étiquette qui  marquera à vie et qu’on traînera comme un boulet à chaque rendez-vous médical, surligné dans la case « antécédents ».

 

 

Et pourtant ! Il faudra se relever. Pas le choix. Sur le coup j’avoue que le flou de la dépression ne laisse entrevoir aucune issue…
Pourtant… Il est possible de s’en sortir ! Et même d’être heureux ! Mais ce ne sera pas sans se battre ! Evidemment. Ce serait trop facile sinon ! Oh et puis se battre… C’est notre vie non? L’avantage du SED… C’est qu’on est bien plus fort mentalement que n’importe quel valide… Et c’est un atout non négligeable…

 

 

OUI… On s’en sort pourtant ! C’est possible !…

 

 

Ce qui m’a aidé? Une lecture avant toute chose : « Tomber sept fois. Se relever huit. » De Philipp Labro. Il y explique sa dépression et comment il s’en est sorti. C’est un bon début…
Quand j’aurais la force, je partagerais peut-être mes astuces pour se relever, mais donner de tels conseils ne seront valables que quand moi-même je ne serai plus à terre. J’hiberne quelques-temps et reviendrai plus tard sur le sujet….

https://www.amazon.fr/Tomber-sept-fois-relever-huit/dp/2070305120/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1484347205&sr=1-1&keywords=tomber+sept+fois+se+relever+huit

Article écrit par :
Laure Delmarre
Laure Delmarre °° On s'aime comme ça ! le SED et moi °°

19 commentaires sur “Dommage collatéral

  1. Tres bien écrit avec sincérité .malheureusement cela reflète la dure réalité et renforce le souffrance de l entourage de ne pouvoir rien faire .il faut continuer à te battre et espérer que la médecine évoluera .cela se fera grâce aux malades du sed qui se feront entendre auprès de ces ignorants qui ne cherchent pas plus loin.ton combat ne sera pas vain ton courage sera récompensé un jour .

    1. C’est dur parfois. Là je n’ai plus la force. Je reprendrai mes revendications quand j’aurai récupéré de la vitalité !

  2. Bravo pour ce texte qui, j’espère, fera comprendre à quelques uns, (tous ce serait trop beau ), la réalité de la maladie, le besoin d’être cru, le besoin d’être aidé parfois, de ne pas culpabiliser, de ne pas se faire enfoncer inutilement, la maladie, hélas s’en charge toute seule. Et rappelons le c’est une maladie RARE, d’où le manque de connaissances hélas criant …

    1. Si au moins je pouvais faire comprendre à UNE personne qu’il faut arrêter d’entasser les malades, honnêtement ce serait déjà une joie, et je m’estimerais heureuse d’avoir réussi ! Au moins UNE !
      Merci beaucoup pour votre commentaire !

  3. Bonjour,

    Voici un blog fort intéressant pour ma personne. En effet, à 38 ans, après plus de 20 ans de déni, d’une descente aux enfers du fait de divers douleurs, subluxations, luxations, d’opération… d’une non reconnaissance de la part du médical (oui, oui moi aussi je faisais de la comédie depuis tout petit!), de l’administration …. et j’en passe et des meilleurs!

    Mon sésame, un chirurgien se remettant en question, m’invitant à démarcher au C.H.U de Bordeaux, service maladies rares et génétiques.
    Le diagnostic tombe S.E.D de type hypermobile! C’est bien mais c’est quoi??? Ben « grosso modo », vous avez pas de chance, en plus vous êtes un homme, c’est rare!!! Ah c’est bien mais c’est à dire???? La commence la traversée du désert…..

    Le « bon » côté, la reconnaissance des médecins, prise en charge des organismes… Youhou! A peine si l’on me sort pas le tapis rouge. Par contre, maintenant, c’est leurs regards….Bah oui, j’ai l’impression d’être une bête rare! Oups, pourquoi tu te plains t’es pris en charge!!!!! Bon passons….

    Les douleurs et la fatigue… ohhhh… mon médecin traitant  » Tramadol, si vous avez mal! » oui mais ça me fait rien… ahh c’est bête..bah y’a pas grand chose d’autres, repos et attendre que ça se passe! (Hier, j’ai passé la matinée, la tête dans mon canapé à attendre que ma cheville veuille bien arrêté de vouloir sortir de mon corps!)
    Les orthèses ça fait du bien mais j’ai l’impression de piquer le rôle d’Iron Man, manque plus que le casque!!!

    Bref dans les grandes lignes (je ne serai pas plus explicite sinon va y’en avoir 3 pages!!), je me retrouve dans tout ce qui est dit! ( Tout ça pour ça!) lol

    Merci d’avoir pensé et créé se blog pour partager des solutions où tout simplement lire des témoignages qui aident à se sentir moins seul dans sa maladie!

    Séb

    1. Si l’envie d’écrire ces 3 pages en témoignage vous donnait envie, envoyez votre vécu et je vous publierai dans la section portraits !

      On se sent si seuls. De vrais extraterrestres quand on voit les yeux écarquillés du médecin face à l’incompréhension des résultats d’examens qu’il regarde. Cette incohérence est impossible: ou il y a erreur, ou la personne est folle.
      BON…. donc on repart avec de nouveaux anti-psychotiques….

      Ces témoignages ont justement ce but de montrer que nous sommes pas fous. Ce n’est pas les « autres » que je cherche à convaincre en 1er, mais le malade lui-même…

  4. Merci d’avoir oser exprimer votre ressenti cela m’aide énormément,
    et cela comme un miroir
    c’est tellement bon de se sentir comprise pour une fois….
    Dans l’espoir de vous lire à nouveau.
    Simone.C

    1. Je suis fatiguée ces temps-ci…
      Mais promis je continuerai à écrire. On m’a forcé à me taire à coup de cachetons en asile psychiatrique. Aujourd’hui je n’ai plus l’intention de me taire !!!

  5. Depuis quelques temps je fais des recherches sur la similitude des problèmes du SED et de l’intoxication aux métaux lourds les produits les plus efficaces pour combattre cela est le mélange curcuma, poivre, coriandre et ail des ours. Le beurre de cacahuète aussi Je me suis également fait une poudre magique qui consiste à mettre avec du cacao pur un tas d’épices thé matcha…. et d’autres dont je souhaiterais vous donner le secret. Je l’ai bien sûr tester sur moi pendant quelques mois et sur 4 personnes cela a eu des effets très bénéfiques comme par exemple se retrouver debout le matin sans avoir fait sa demi-heure de gymnastique pour ne pas se déboîter les articulations du pied, j’ai arrêté ma cure de jouvence et mes douleurs sont revenus il fallait que je teste .
    l’eau de Volvic à aussi la particularité en passant par les couches volcaniques a éliminer les les métaux lourds dans le cerveau c’était sur un article internet que je n’ai pas pu retrouver il y a bien sûr du silicium dedans et je prends les cubis distributeur de 8 litres à 2 € très pratique .
    A bientôt..

    1. Effectivement l’eau de Volvic 8L avec le bouchon distributeur est une bénédiction ! En plus c’est si facile d’accès qu’on n’oublie pas de boire. Et c’est vrai que j’ai remarqué que quand je change de marque je suis moins bien.
      Pour ce qui est alimentaire, j’ai de gros problèmes digestifs et un rapport à la nourriture assez contrarié. Donc pour ce qui est de la phytothérapie et autre j’ai beaucoup de mal, ça me réveille trop d’angoisses…
      SED compliqué n’est-ce pas !

  6. Bonjour et merci pour cet article!
    Il a été pour moi très révélateur de mon propre vécu.
    Reconnu depuis septembre comme sediste de type hypermobile après 10 ans d errance j’ai un peu de mal a faire face… chose que mes proches ne comprenne pas… pour eux je cherchais des réponses j en ai eu, pour moi c est un peu plus délicat: je voulais des réponses et surtout je voulais un « remède miracle » pour mettre un terme à ces entorses, ces douleurs, cette fatigue… pour ça… c est raté.
    Avant le diagnostic j’avais le droit au remarque du genre « toi tu as toujours un problème »  » t es toujours malade »…. maintenant j’ai le droit à « c est pas ta faute tu es fragile » … à mon gout ce n est pas beaucoup mieux…. mais comment faire comprendre à ses proches où même à son employeur qu’outre les problèmes et douleurs articulaires il faut aussi gérer la fatigabilitée et que quand on est toujours épuisé c est difficile pour l organisme de pouvoir faire face à tout les petits virus qui traine (surtout dans mon domaine professionnel) … en bref: encore et toujours ce justifier…. tout ça fini par jouer sur le moral ….
    Enfin bref, bien que je souhaite plein de courage à ceux qui sont concernés , ça m a apporté du réconfort de lire que je n étais pas la seule à connaître cela.

    1. J’ai eu une réaction totalement inattendue quand j’ai ENFIN eu mon diagnostique officiel. Je le cherchais depuis si longtemps !Je chercher à prouver que je n’étais pas folle !
      Puis… Second effet kiss cool… On venait de m’annoncer une maladie grave, douloureuse, qui ne se guérit pas, et n’est tellement pas connue qu’elle est peu prise en charge.
      Je croyais que ce jour là je serais contente ! J’ai eu LA réponse de ma vie !!!
      Non j’ai eu peur.
      J’avais raison ! Je respire mal et ce n’est pas du stress ! NON ! Pire en fait… Alors je me retrouve sous oxygène à 28 ans. Et NON ! Je ne suis pas anorexique !!! Eh eh je l’avais dit que je mangeais bien ! Sauf que je ne fixe rien… Alors je dois me gaver de compléments alimentaires hypercaloriques hyper-protéinés dégueu…
      En fauteuil roulant manuel, je résiste à l’envie de céder au fauteuil électrique. Je tiens à ma dignité, je ne suis pas prête mentalement. Et puis les orthèses, les atèles et autres qui mises toutes ensemble feront un parfait volet de Robocop.
      -« C’est une maladie non évolutive et qui n’influe pas l’espérance de vie » C’est faux… Que fait-on de mon problème vasculaire?
      Vous avez déjà vu un SED atteint à un tel niveau dépasser les 60 ans?

      J’ai fini en dépression. J’ai tout renié. J’ai refusé en bloc. Je ne pensais pas le prendre si mal. C’était la réponse à la question de ma vie. Pourtant il faut la digérer quand même. Et ce n’est vraiment vraiment pas facile…

      1. Je vous souhaite bien du courage. Pour ma part le SED est léger ce sont surtout mes articulations qui souffre d entorses, de douleurs articulaires, et un surpoid lié au fait que je ne peux faire aucun effort un temp soit peu intense sans m epuiser ou me blesser. En revanche on m a dit que c etait evolutif mais que l évolution dependait de chaque cas.Mais une fois encore vous dites vrai… on l attend ce diagnostic mais quand on l a il est pas si facile à digérer… et accepter chaque jour de se lever avec la peur au ventre est encore plus dur à faire passer.
        Je vous souhaite une fois encore bien du courage! Et dites vous que grâce à vos propos vous avez la capacité d aider des personnes en quêtes de réponses. Ça peut sembler peu mais c est a mes yeux une force énorme qui n est pas donné a tout le monde.
        Bon courage!!!!

        1. Je n’ai pas conscience de la portée que je peux avoir à travers mes écrits.
          Les gens me remercient souvent mais je ne sais pas de quoi au final ! Littéraire dans l’âme, c’est avec plaisir et passion que j’écris.
          Par contre grâce à cet article on m’a reconnu dans un bar « eh! C’est toi qui… ! » « Tu m’as touché au point d’en pleurer parce que personne avant toi ne comprenait ce que je ressentais et tu m’as fait énormément de bien ».

          Je commence donc à réaliser que je fais quelque chose de bien. De ce fait aujourd’hui j’ai décider de faire quelque chose de mieux… Affaire à suivre …

          1. Veuillez me croire, dans mon cas, vous AVEZ fait quelque chose de bien! Depuis que j’ai découvert ce site et particulièrement vos écrits je reviens régulièrement ! Grâce à vous je me suis sentie comprise ( aujourd’hui encore en lisant votre nouveau texte sur la fatigabilité) et surtout je me suis sentie moins seule ! Vos écrits plein d’humour malgré toutes les souffrances auquel vous avez du faire face m’aide à relativiser , à dédramatiser! Il était vraiment important pour moi de vous le faire savoir

  7. J’étais exactement comme vous tellement soulagée d’avoir enfin diagnostic de plus d’être une malade imaginaire mais en fait ça va pas changer grand-chose. Maladie méconnue, en plus sed vasculaire.
    Puis comprendre qu’il n’y aurait jamais de médicament miracle tu m’as pas tout de suite et que j’avais un nom mais pas une solution.
    Certains de mes proches me prenne encore pour une malade imaginaire je pense.
    Je ne suis pas une grosse bavard non plus….
    Je sais pertinemment que je n’aurai pas 120 ans. J’ai déjà fait des mini avc ainsi que des hémorragies internes.
    Le summum du summum j’ai transmis cette fameuse mutation chromosomique à ma fille.
    Mais, on est une famille plutôt heureuse…  » quand on peux pas rajouter des jours à la vie on rajoute de la vie au jours » .

  8. Ma mère et ma sœur cherchent depuis plus de 10 ans ce qui les rongent et gâchent leur vie. Diagnostiquées malade imaginaire, dépressives puis fibromyalgiques, rien n’a changé. Je pensais passé au travers, pour moi je n’avais aucun problème de santé. Mon Dieu, comment j’ai pu être aussi aveugle. J’ai été diagnostiquée SED hypermobile cette année. J’ai tous les symptômes sauf la luxation. Ce qui m’a fait dire que mon corps me lâchait c’est cette asthénie assommante couplée à des douleurs déchirantes et une disparition effarante de mon tonus musculaire en l’espace de 3 ans. Quand je lis qu’il n’y a pas d’évolution de la maladie je n’y crois pas. La preuve est qu’à 48 ans je suis reconnue invalide à 66%. Le seul « organe » qui fonctionne normalement est le moral qui est toujours au beau fixe, quand le cerveau fonctionne bien sur. Ma sœur n’a pas cette chance et cela a un impact ultra négatif sur sa santé bien qu’elle soit moins handicapée. J’ai développé une philosophie de faire seulement ce que mon corps permet et centré sur mon bien-être, sans me soucier du ménage ou autre. Mon mari comprend et accepte que je vive au jour le jour. J’ai beaucoup de chance.

    1. L’entourage y fait énormément.
      Je me suis dégradée pendant des années, à en finir alitée. Il me restait 20% de capacité pulmonaire. Les médecins étaient pessimistes. J’étais très mal entourée, et je suis sûre que ça y a largement contribué. Les médecins disent que ce n’est pas dégénératif, je n’étais pas d’accorde voyant l’état dans lequel j’étais. Mon avenir était très compromis, mes chances de guérison quasi nulles. Ils ont douté d’eux sur cet aspect dégénératif.
      Et pourtant ! Je leur ai prouvé qu’ils avaient raison ! Je me suis entourée de gens uniquement positifs, j’ai abandonné les autres à leur sors. Aujourd’hui je respire, je peux à nouveau parler. Je marche, mon fauteuil roulant électrique ne me sert que par confort les jours où je n’ai pas envie de lutter contre la douleur et que j’ai mieux à faire.

      En fait, oui on s’aggrave. C’est certain, un SED vieillit plus vite et plus mal qu’un valide. Par contre, ce qui est différent d’une sclérose en plaques par exemple, c’est que ce n’est pas définitif. On a cette chance nous de pouvoir retrouver un jour une amélioration. En ça, on a énormément de chance ! Le tout c’est d’être capable de garder espoir quand le monde autour vous assomme. Là c’est pas gagné…

  9. Laure,

    Si tu savais à quel point je te comprends !! c’est mon entourage qui me fait me dégrader !! il faut en effet que je zappe les personnes toxiques pour aller mieux même si il n’y a pas de jour sans fatigue…. le monde qui vous assomme je connais….

    Contente de savoir que tu vas mieux !!!

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